Nouveau tournant dans les conditions d’accès au métier d’enseignant. Le ministère de l’Éducation nationale entend relever à 40 ans l’âge maximal autorisé pour se présenter aux concours de recrutement, contre 35 ans actuellement.
L’annonce a été faite mardi 3 novembre par Mohamed Nabil Benabdellah devant la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, lors de la présentation du projet de budget sectoriel pour 2027.
Cette décision élargit sensiblement le vivier des candidats potentiels et répond à un débat qui accompagne depuis plusieurs années les concours de recrutement dans l’enseignement public.
Le plafond d’âge avait été fixé à 30 ans en 2021, une mesure qui avait suscité de nombreuses critiques parmi les diplômés exclus des concours en raison de leur âge.
Un premier assouplissement était intervenu en octobre 2025. Sous le précédent ministre Mohamed Saad Berrada, la limite avait été portée de 30 à 35 ans pour les concours de recrutement organisés cette année-là.
Un an plus tard, le ministère franchit une nouvelle étape en portant ce plafond à 40 ans. Les diplômés âgés de plus de 35 ans pourront ainsi retrouver une possibilité d’accès aux concours, à condition de remplir les autres critères exigés.
Mohamed Nabil Benabdellah a expliqué ce choix par la nécessité de trouver un équilibre entre l’ouverture des concours et la durée de carrière des futurs enseignants.
Selon le ministre, une entrée dans la profession à 40 ans permettrait encore d’exercer environ 23 années avant l’âge de départ à la retraite fixé à 63 ans.
Il a en revanche écarté, à ce stade, l’hypothèse d’un relèvement à 45 ans, également réclamé par certaines catégories de candidats. Une entrée à cet âge ne laisserait qu’environ 18 années d’activité, avec des conséquences potentielles sur la constitution des droits à la retraite.
Le nouveau plafond pourrait également bénéficier à des profils ayant déjà acquis une expérience dans d’autres secteurs et souhaitant se réorienter vers l’enseignement.
Le changement dépasse donc la seule question des diplômés récemment sortis de l’université. Il élargit l’accès à des candidats plus âgés, dont certains avaient jusqu’ici renoncé à intégrer la profession en raison de la limite imposée.
Le ministère cherche ainsi à élargir le recrutement tout en maintenant un encadrement par l’âge, plutôt que de supprimer entièrement ce critère.
L’annonce ne modifie toutefois pas automatiquement l’ensemble des conditions d’accès aux concours. Diplômes requis, critères de présélection, spécialités recherchées et calendrier resteront précisés dans les avis officiels de recrutement.
La mise en œuvre effective du plafond de 40 ans devra donc être intégrée aux prochains textes et appels à candidatures publiés par le ministère.


